Final CFP : Le multiculturalisme a-t-il un avenir ?

Appel à contributions : Le multiculturalisme a-t-il un avenir ?

Le centre Nosophi (Sorbonne-Paris 1), LNS-IUF (Michel de Montaigne-Bordeaux 3) et le CEHUM (Université du Minho) organisent un colloque de deux jours sur le multiculturalisme qui aura lieu à l’Université de Paris 1-Panthéon Sorbonne, les 26 et 27 février 2010. Les chercheurs invités participant à ce colloque incluent :

Catherine Audard (London School of Economics)

João Cardoso Rosas (Université du Minho)

Will Kymlicka (Université de Queen’s)

Cécile Laborde (University College London)

Justine Lacroix (Université libre de Bruxelles)

Catherine Larrère (Sorbonne-Paris I)

Alain Renaut (Sorbonne-Paris IV)

Daniel Weinstock (Université de Montréal)

Michel Wieviorka (EHESS)

Si le multiculturalisme a toujours été un projet politique controversé, il a aussi su rallier ces dernières années différents types de partisans, des défenseurs radicaux d’une politique de la différence, aux avocats de la lutte pour la reconnaissance, en passant par la défense d’un libéralisme de gauche, ou encore par celle d’un républicanisme critique.

Dans le climat social et politique de l’après 11 septembre, on assiste à un étonnant chassé-croisé. Le multiculturalisme se trouve en effet de plus en plus contesté dans certaines des démocraties qui l’ont initialement promu, en orientant leurs politiques publiques d’intégration des minorités selon le modèle du « droit à la différence » ; c’est le cas notamment des Pays-Bas, de la Grande-Bretagne et dans une certaine mesure du Canada avec la polémique sur les accommodements raisonnables. Malgré ce renversement partiel de tendance, on observe une ouverture progressive de l’opinion publique française aux politiques multiculturalistes qu’elle a longtemps rejetées d’une part en vertu de la spécificité de sa culture politique républicaine, et d’autre part à cause de l’assimilation du multiculturalisme à une forme de communautarisme.

Cette situation inédite d’un rejet partiel du multiculturalisme par certains de ses premiers promoteurs ainsi qu’une ouverture à ce modèle politique par des cultures républicaines plus traditionnelles invite à réévaluer la légitimité normative ainsi que la viabilité politique de l’idée multiculturaliste. Cette réévaluation se fera de deux manières : l’une à caractère théorique en examinant l’état des lieux du débat normatif, l’autre orientée vers la pratique, en mettant l’accent sur l’évaluation d’exemples concrets de politiques publiques multiculturalistes.

Appel à participations :

Les séances plénières du colloque seront suivies d’ateliers orientés vers l’examen d’exemples de politiques publiques multiculturalistes. Cet appel à participations s’adresse à des chercheurs et praticiens qui souhaiteraient présenter leurs recherches lors de ces ateliers. Voici quelques suggestions de thèmes particulièrement bienvenus concernant la participation aux ateliers :

Multiculturalisme et tolérance religieuse

Le renouveau du fondamentalisme religieux oblige-t-il à réhabiliter le modèle lockéen de la tolérance dont les multiculturalistes libéraux ont souligné les limites ? Faut-il réaffirmer avec force la légitimité de la privatisation des différences ou justifier autrement leur politisation, et selon quel modèle normatif  (libéralisme égalitariste, néo-républicanisme, théories de la reconnaissance, …) ? On s’intéressera en particulier aux différents types d’espaces publics que les politiques multiculturalistes invitent à réaménager (écoles, lieux de culte, services publics, commerces, lieux récréatifs comme les piscines, etc.).

Multiculturalisme et justice

Une autre question importante concerne l’articulation de la question sociale et des enjeux identitaires : faut-il différencier les droits culturels des droits économiques et sociaux ? Dans quelle mesure la répartition des « biens sociaux premiers » doit-elle être sensible à la diversité culturelle pour être équitable ? Faut-il distinguer le concept de classe et celui de minorité ? Dans quelle mesure s’opposent-ils ou se complètent-ils ? Ici, on pourra examiner les cas d’exemptions juridiques accordées aux minorités, les exemples de « discrimination positive », ou encore les mesures visant à réhabiliter publiquement l’identité de groupes discriminés (qu’il s’agisse des minorités ethniques, raciales, sexuelles ou des handicapés).

Multiculturalisme et solidarité

Au-delà des problèmes que les politiques multiculturalistes soulèvent quant au respect de la liberté ou de l’égalité des citoyens, elles sont aussi suspectées de compromettre la stabilité politique des démocraties libérales. Ces craintes, particulièrement sensibles dans le contexte de l’après 11 septembre, encouragent une logique sécuritaire qui discrédite profondément les politiques multiculturalistes. Il s’agira alors d’évaluer la pertinence des objections du repli communautaire et de la balkanisation politique qui accusent ce type de politiques de menacer les citoyens en fragilisant leurs liens politiques. Le multiculturalisme invite à cet égard à réévaluer les concepts de nation et d’intégration, ce qu’on pourra faire en examinant les enjeux soulevés par les politiques d’immigration. Un intérêt particulier sera porté aux contributions analysant ces questions à l’échelle de l’Union Européenne.

 

Ces suggestions ont pour seul but d’encourager la confrontation des analyses normatives avec les faits et de promouvoir  les perspectives interdisciplinaires qu’une telle confrontation réclame. Les candidats devront envoyer un résumé entre 300 et 500 mots, adapté à une évaluation anonyme, à Sophie Guérard de Latour (sguerarddl@gmail.com) et à Roberto Merrill (nrbmerrill@gmail.com). La date limite pour l’envoi des résumés est le 15 septembre 2009 et leur acceptation sera notifiée le 1er novembre 2009. Les résumés en anglais sont les bienvenus même si une bonne compréhension du français est requise pour la participation au colloque.

You must be registered and logged in to post a comment. Public Reason welcomes participation from members of the academic community with an interest in political philosophy and theory. Your registration as a participant is subject to approval. Please specify your academic institutional affiliation on the registration form.